En mars dernier, l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) a lancé trois appels à projets en faveur des pays du Bassin du Congo, pour soutenir des initiatives environnementales alliant innovation et entrepreneuriat agricole. Résultat : dix structures nationales ont été retenues pour accompagner 200 jeunes hommes et femmes, avec un financement global de 675 000 euros. Parmi elles, ISF Cameroun avec son projet « Je Produis mes Intrants, mes Aliments, mon Argent » (PI2A).
Une approche novatrice
Le PI2A propose une nouvelle manière de concevoir l’agriculture, en valorisant ses trois fonctions essentielles et interdépendantes :
-
Préserver les écosystèmes
-
Nourrir les populations
-
Créer des richesses
Lancé en juillet 2024, le projet a sélectionné vingt jeunes Camerounais porteurs d’initiatives agricoles (dont 45 % de femmes, âge moyen 28 ans). Chaque bénéficiaire a reçu un appui financier direct de 10,42 millions de FCFA, ainsi qu’un accompagnement personnalisé pour mettre sur pied une exploitation agroécologique viable.
Des résultats concrets
En juin 2025, l’initiative PI2A a déjà donné naissance à 20 exploitations agricoles viables et économiquement rentables.
-
15 entreprises ayant bouclé leur première campagne affichent un chiffre d’affaires global de 17,39 millions de FCFA, soit une moyenne de 1,16 million de FCFA par entreprise.
-
2 entreprises récemment entrées en production ont déjà généré 226 000 FCFA en un mois.
-
3 autres lanceront leurs ventes dès août 2025.
Au total, ces jeunes entrepreneurs ont créé 85 emplois, dont 37 temporaires, et chacun dispose d’un plan de développement pour pérenniser ses activités. Environ 20 % de la production a été consommée localement, renforçant la sécurité alimentaire.
Un réseau en construction
Au‑delà des chiffres, PI2A a favorisé la mise en place d’un réseau de producteurs agroécologiques. Les jeunes partagent formations et services pour améliorer leurs performances, tant sur le plan écologique qu’économique.
Et après ?
Les résultats sont prometteurs, mais le défi reste immense : consolider l’installation durable de ces vingt entrepreneurs, développer un marché agroécologique rémunérateur et amplifier l’impact de cette dynamique.